Emploi : faites un tour chez les compagnons

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Emploi : faites un tour chez les compagnons

Extraits :
Les compagnons les incitent à choisir cette voie royale vers un métier.

Le jour où d'autres pensent repos et loisirs, les futurs compagnons (2), eux, turbinent.

Nicolas Pralong dit « Périgord », 25 ans, recouvre de plomb une flèche de clocher miniature.

« Savoyard » a façonné une mappemonde en acier avec « Compagnons du devoir » en grandes lettres.

La compatibilité entre vie privée et compagnonnage, c'est une des questions les plus posées au prévôt.
 

 

 

On soude, on martèle, on abrase, on maçonne, on enduit… Le samedi, la maison des compagnons d'Albi, à Lapanouse, est une véritable ruche. Une dizaine de jeunes l'ont découverte avant-hier matin. L'association a invité les moins de 23 ans à sa première « journée de l'emploi ». Les compagnons les incitent « à choisir cette voie royale vers un métier. Elle s'adresse aussi bien à ceux qui recherchent une orientation qu'à ceux qui ont déjà une formation (CAP-BEP) mais pas de travail. Que ce soit avec un contrat de professionnalisation ou en participant à un tour de France, on peut leur trouver une solution. Avec nos 50 maisons en France et à l'étranger (dont d'autres antennes à Labruguière et Laguépie), on arrive à répondre aux besoins, à condition d'être prêt à bouger. La mobilité est essentielle », professe Jérémy Leclercq dit « La Persévérance », prévôt des compagnons d'Albi.

Centrée sur le bâtiment, l'opération de ce week-end était particulière. « Mais les gens en recherche peuvent venir un autre jour. C'est toujours ouvert. Des collégiens qui ne savent pas quoi faire plus tard visitent avec leur famille. Parfois, c'est le déclic…, dit Jérémy Leclerc. Carrossiers, mécaniciens, chaudronniers, maçons, menuisiers… Ils y rencontreront d'autres jeunes qui travaillent, dans une bonne ambiance. C'est génial (1). »

Le même spectacle revient, chaque samedi. Le jour où d'autres pensent repos et loisirs, les futurs compagnons (2), eux, turbinent. « La semaine, on fait nos heures dans nos entreprises respectives. Dans la mienne, on ne touche qu'à la restauration, jamais au neuf. Le samedi, ici, on apprend d'autres techniques et matériaux », dévoile Marc Ponsenard, en 1e année d'apprenti maçon. Ses camarades et lui « abordent la brique », maçonnant des murs, à la chaux pour pouvoir les démonter ensuite. D'autres conçoivent les « maquettes » et œuvres d'art qu'ils présenteront à leur examen de passage. Nicolas Pralong dit « Périgord », 25 ans, recouvre de plomb une flèche de clocher miniature. Ce couvreur-zingueur employé chez Zincolor à Albi a déjà passé « 600 à 700 heures » sur ce projet. Pierre Gil, Mathieu Prat, Christophe Fernandez et Arnaud Monteil achèvent un « banc détente », qu'ils présenteront mercredi à Toulouse au concours des meilleurs apprentis de France.

« Savoyard » a façonné une mappemonde en acier avec « Compagnons du devoir » en grandes lettres. Il n'est pas là pour nous la montrer : il est rentré chez lui. De temps en temps, les compagnons se prennent un « week-end famille ou copine ». La compatibilité entre vie privée et compagnonnage, c'est une des questions les plus posées au prévôt. « Il faut gérer. Ça s'apprend aussi », répond Jérémy Leclerc.

L'autre question est : « Est-on sûr d'avoir du travail après ? » Réponse du prévôt : « Les jeunes auront ce qu'ils se seront donnés la peine d'avoir ! »

(1) Maison des Compagnons, 2-4-6, rue du Maréchal-Liautey, tél. 05 63 77 89 20. Fax : 05 63 46 22 65

(2) La maison forme à Albi, 160 apprentis, 90 jeunes en perfectionnement tour de France, 40 stagiaires d'entreprises. L'effectif compte cette année deux filles.


Le chaudronnier «Provençal» est artiste

Le modèle lui est « venu dans la tête » cet été. Le chaudronnier « Provençal » (c'est ainsi qu'on l'appelle chez les compagnons) est aussi un artiste. Oliver Guillaume, 23 ans, est l'auteur d'un bas-relief de femme très séduisant. Après plusieurs étapes (plâtre, élastomère, béton), la statue, à taille humaine, sera reproduite trois fois en cuivre. « Chacun y voit ce qu'il veut. Pour moi, elle représente une mère tenant dans ses mains un oiseau. Il symbolise à la fois le voyage (chez les compagnons, on voyage beaucoup) et le départ des enfants », décrit son créateur. Le voyage, « Provençal » connaît. Après Lyon, Nantes, l'Angleterre, il a demandé le Sud-Ouest. Depuis juillet et jusqu'à juin, il est à Albi, où il travaille à la chaudronnerie Divina, avant de partir à nouveau pour l'Alsace.

« J'ai commencé par une terminale administration et gestion, qui n'a rien à voir. Après un BEP, j'ai opté pour les compagnons. Depuis tout petit, mon grand-père m'en faisait l'éloge… Sur le plan humain, ça apporte énormément, avec une règle basée sur l'entraide. Quand on arrive dans une nouvelle entreprise, on s'adapte de plus en plus vite. Chz nous, personne n'a peur de changer. On apprend tout le temps », dit-il avant de retourner à sa statue, pour laquelle il « ne compte pas les heures ». A.-M.D.

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